Approche thématique
La génèse de la folie
Scénographie
L'œuvre de Gogol explore la frontière fragile entre la quête de dignité et l'isolement absolu. Poprichtchine cherche sa place dans une bureaucratie déshumanisante. Pour moi,sa folie n'est pas un état de fait, mais la conséquence directe d'un triple isolement :
Social, Affectif, Communicationnel.
La misère, la solitude profonde, l'incapacité à échanger avec ses semblables, faisant du journal son unique confident.
Ce terrible trio plonge inexorablement le personnage vers son seul échappatoire possible : la folie.
Olivier Costa
Le parti pris majeur repose sur la dégradation progressive, tant humaine que matérielle :
Le Personnage : Il ne commence pas "fou". La pièce suit la chute d'un homme "normal" confronté à l'anormalité (les chiens qui parlent), glissant lentement vers le délire de grandeur.
L'Espace : Le décor (lit, bureau, fenêtre) est vivant. Il se transforme et se dégrade au rythme de la psyché du personnage pour finir par évoquer une cellule d'hôpital psychiatrique.
Le Jeu : Inspiré par le talent d'imitateur de Gogol, l'acteur explore une palette d'émotions instables (despote, victime, séducteur) traduisant une volonté désespérée de changer de condition sociale.
L'Esprit Gogolien : Humour et Satire
Malgré la tragédie de la déchéance mentale, Olivier Costa insiste sur la nécessité de conserver l'humour satirique de l'auteur. La pièce reste une critique ironique de la société et de la nature humaine, évitant ainsi un drame purement sombre.




Extraits de presse
Les monologues fleurissent dans les petites salles de Paris. Tel est le cas du Journal d'un fou, d'après celui tenu par Gogol, par la Compagnie du Praticable.
Le récit de Gogol a été maintes fois porté à la scène. Roger Coggio en fit son cheval de bataille dans les années 60. Il faut dire qu'il se prête admirablement à toutes sortes d'adaptations, voire d'interprétations. Olivier Costa y a décelé plusieurs sujets qui vont de la misère affective à la misère sociale pour déboucher sur la folie par la non communication. Sa version décortique, avec pénétration, la lente dégradation mentale d'Auxence Ivanovitch Poprichtine petit fonctionnaire du tsar, au siècle dernier. Lequel, après avoir entendu des chiens parler entre eux, finit par se prendre pour le roi d'Espagne. Une vérité pathétique qui, parfois, fait place à l'humour. Hallucinant !
LA FOLIE SELON GOGOL
« Le Journal d'un fou » est un texte étrange de Gogol particulièrement apprécié par les gens de théâtre. Il faut, pour le jouer, un comédien habité, vibrant, inquiétant. Olivier Costa est de ceux là. On est touché par sa force de comédien, son implication, sa façon très intérieure de montrer les ravages de la folie. Dans les petits théâtres où le spectateur est très proche de la scène, l'effet est assez saisissant. Se prendre pour le roi d'Espagne est une chose, faire sentir au public qu'il peut exister des êtres humains qui y croient vraiment en est une autre. Chapeau !
Le Journal d'un fou » ****
Les théâtres parisiens font la part belle cette année aux auteurs russes. « Le Journal d'un fou », de Nicolas est actuellement monté au Guichet Montparnasse, dans une remarquable mise en scène simple et efficace, d'Olivier Costa. Le journal intime d'Auxence Ivanov, petit fonctionnaire de la Russie tsariste un idéaliste écrasé par la bureaucratie et le besoin de reconnaissance sociale, a le pouvoir de toucher tout un chacun par ses échos contemporains. Le jeune comédien est habité par ce personnage torturé et drôle dans son extravagance. Un jeu juste, vivant et convaincant. Un spectacle intelligent et distrayant, qui rend accessible I'œuvre de Gogol a tout public.
Un spectacle vraiment fort qui étonne de par cette modestie, cette réserve et en même temps cette force, cette intensité dans l'émotion.
Le Journal d'un fou
Il fait penser à Don Quichotte, ce petit fonctionnaire de la Russie tsariste du XIXe siècle - « au 14e niveau d'une hiérarchie qui en comptait 74 », précise le metteur en scène, Olivier Costa - qui finit par se prendre pour Ferdinand VII, roi d’Espagne... un décor unique et modulable, simple et efficace. Le tout est signé par la compagnie du Praticable, et l'on peut saluer un beau travail d'équipe.
Entre la réflexion et le rêve, Le Journal d’un Fou, un superbe spectacle.... !














